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Le cinéma en FLE

Bonjour Azadée, tout d’abord est-ce que tu peux te présenter ?

Bonjour David. Alors je travaille chez LSF, une école de français basée à Montpellier. J’y suis depuis 2017. Mon activité est plurielle dans cet institut puisque j’enseigne le FLE bien sûr, mais je gère également le centre d’examens TEF/DFP de l’école, j’exerce parfois en tant que formatrice de formateurs FLE et participe notamment à la création de supports pédagogiques et numériques. 

Aujourd’hui, nous allons parler de l’utilisation du cinéma dans la classe de fle. Quand as-tu commencé à t’intéresser à cette thématique et pourquoi ?

Avant d’occuper le poste de formatrice FLE à LSF, j’ai été référente pédagogique à l’Alliance Française de Porto Rico ce qui m’a permis de participer au projet FESTINEMA, qui consistait à familiariser les écoliers des Etats-unis et des territoires américains avec le cinéma francophone. Grâce à ce projet, m’a été confiée la création de livrets pédagogiques basés sur les films présentés lors de chaque édition du festival, et ce durant 5 ans. J’ai donc élaboré une vingtaine de livrets pédagogiques qui ont été ensuite traduits en anglais et espagnol. Cette expérience m’a permis de développer une méthodologie de didactisation de films que j’ai ensuite partagée lors d’ateliers de formations pour professeurs de FLE. C’était un projet vraiment passionnant, je me suis rendue compte que le film était un support inépuisable pour l’exploitation pédagogique! 

Est-ce que tu travailles sur des films entiers ou plutôt sur des séquences ?

Les deux. Je me nourris de toutes les ressources que peut offrir un film. Parfois je didactise le film dans sa globalité, parfois seulement une bande-annonce ou un extrait. Cela dépend de l’angle que je choisis et de l’objectif ciblé pour ma séquence pédagogique. 

Concrètement, comment fais-tu pour didactiser un film ? Est-ce que tu as une “recette” ou tu fais en fonction des films ?

En effet, j’ai créé ma petite recette perso pour didactiser un film. Le plus souvent j’utilise des grilles d’analyse que j’ai élaborées spécialement pour la didactisation de court ou long métrages. J’essaie d’abord de noter tout ce qui est exploitable dans le film (les personnages, la distribution des acteurs, la bande son, la bande-annonce, l’affiche, les dialogues, le décor, les références culturelles ou historiques, le synopsis, etc.), je choisis ensuite un angle (une thématique, un objectif linguistique ou autre) et je pioche dans toute la matière extraite lors de mon analyse. Le secret est de ne pas se limiter. L’analyse est capitale car elle peut donner des pistes de création auxquelles on n’aurait pas pensé en premier lieu. Cela permet de ne pas avoir un déroulé d’activité qui soit toujours le même ou trop monotone et de ne pas exploiter tous les films de la même manière.

De quelle manière utilises-tu le cinéma/ les films en classe ? 

En général, j’aborde un film en classe lorsque je veux varier un peu les supports ou si la thématique du cours s’y prête bien. J’aime beaucoup les utiliser pour les publics jeunes, je trouve qu’ils y sont très réceptifs! 

On peut utiliser le cinéma/ les films avec tous les niveaux ? Je pense notamment aux petits niveaux (A1/A2) ?

Bien sûr, comme je l’ai dit, le secret est de ne pas se limiter. On peut par exemple didactiser des films pour enfants pour les petits niveaux, ou juste une affiche, une bande-annonce…

Il ne faut pas oublier qu’un film est un support audiovisuel, il ne s’agit pas seulement de comprendre ce qui est dit mais aussi de comprendre ce qui se passe à l’écran. Les indices visuels servent de support à la compréhension. La musique aussi est importante et nous permet de comprendre le message émotionnel de la scène. 

Quelles compétences peut-on faire travailler grâce au cinéma/ aux films ?

Absolument toutes les compétences. Les éléments que l’on didactise sont des “déclencheurs” d’activités qui peuvent se décliner à l’infini. A partir d’une affiche, d’un extrait de dialogue, d’une scène, ou autre, il est possible de tout créer : une compréhension orale, écrite, un sujet d’expression écrite, un jeu, une activité en groupe, un jeu de rôle, une activité de travaux manuels, etc… Tout est permis! 

Est-ce que tu as quelques conseils à donner, quelques “trucs” qui marchent bien ou des choses à éviter ?

Quelque chose de très simple à faire, c’est de travailler sur le titre. Petit truc qui fonctionne avec tous les niveaux : cacher le titre du film, montrer l’affiche tronquée du titre et leur demander d’imaginer le titre. Ils peuvent écrire leur proposition sur un petit papier, on liste les titres puis on vote pour le meilleur titre. Il est également possible de ne montrer que le titre et d’inviter les apprenants à imaginer la thématique du film. On peut aussi leur faire deviner le titre sous forme de pendu.  Un titre de film est une invitation. Il nous donne beaucoup d’indices sur le film et sert en quelque sorte d’appât. Il peut donner envie de voir le film, ou pas. Il est donc très riche et peut donner lieu à beaucoup d’activités (sur le champ lexical, la morphologie du mot, le jeu de mot s’il y a, la synonymie, le registre de langue, le genre du film, etc.).  

L’important est de ne pas faire visionner un film sans un petit travail d’introduction. Il est primordial de préparer l’avant-visionnage pour attiser la curiosité des apprenants et les familiariser avec le vocabulaire de la thématique du film. C’est comme si on vous demandait d’aller voir un film sans lire le synopsis ou voir la bande-annonce, ça pourrait être déconcertant! 

On peut facilement trouver des films déjà didactisés? 

Bien sûr il existe déjà beaucoup de ressources sur la toile pour les profs de FLE. Tout ce que j’ai créé pour le festival est en ligne et gratuit, on peut tout trouver sur le site de l’Ambassade Française des Etats-Unis CinéSchool | French Culture !  

Ils y sont répertoriés par tranche d’âge, il y a des livrets pour les tout petits, les adolescents et les adultes. Je conseille toujours d’utiliser un maximum de fiches et dossiers pédagogiques déjà prêts avant de se lancer dans la création d’activités. Cela permet d’adopter des réflexes, de s’inspirer et de prendre confiance en soi. 

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